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Le Voyage à Nantes, un voyage permanent !

Mélange de frénésie et de douceur de vivre, Nantes affiche une identité singulière axée sur la culture et la création artistique. Sa collection d’œuvres d’art permanente disséminée dans l’espace public fait figure d’exception.

À Nantes, l’art s’insinue partout !

Il y fleurit selon ses propres règles, déborde du cadre, sort des murs, et va au-devant du public, dans les rues, sur les places, sur les immeubles, etc.  Depuis 2012, sollicités par le Voyage à Nantes, artistes, architectes, designers et graffeurs sont, en effet, venus créer, in situ, des installations.

Certaines de ces œuvres devenues pérennes forment désormais une collection que l’on peut voir toute l’année : Le Voyage Permanent. Dans la ville, qui a tout d’une galerie d’art en plein air, une cinquantaine d’œuvres contemporaines sont visibles par tous, en toute liberté. Au détour d’une rue, elles surprennent, suscitent de l’intérêt, de la curiosité ou de la perplexité, apportent une touche de poésie dans le quotidien. Elles appartiennent à tout le monde, habitants et visiteurs peuvent se les approprier.

Prendre de la hauteur…

Pour découvrir celle de Tadashi Kawamata, le temps fort de la dernière édition du VAN, il faut d’abord savoir prendre de la hauteur et gravir la butte Sainte-Anne. Passé le délicieux Musée Jules Verne, le Belvédère de l’Hermitage apparait enfin et révèle la ville et ses transformations sous un nouvel angle. Ce projet conséquent pensé et réalisé par un artiste reconnu, va probablement marquer la ville au même titre que les Anneaux de Buren ou l’Eléphant.

Le Belvédère offre, en effet, l’une des plus belles vues de Nantes. Pour cette réalisation pérenne de 36 mètres de long dont 10 au dessus du vide, à près de 20 mètres du sol, le plasticien japonais, connu pour ses installations partout dans le monde, a utilisé son matériau de prédilection, le bois. Composée d’un enchevêtrement de poutres de mélèze,  vue de loin, la structure évoque un gigantesque nid à cigogne et par association le voyage. Par la simplicité même de ce matériau et ses possibilités infinies d’assemblage, son propos est de mettre en lumière l’identité d’un lieu ainsi que la fragilité et la précarité du monde et des hommes. Outre ses fonctions premières montrer une vue unique, emprunter ce Belvédère, c’est également vivre une expérience.

Une fois au bout de cet ouvrage en porte-à-faux sur la falaise, le visiteur est en effet saisi de vertige. Après avoir cheminé entre de hautes palissades, il s’avance au dessus du vide et découvre une vue d’aigle sur la ville et le fleuve. À cet instant le promeneur se prend à rêver l’espace, à le réexaminer, à le réinventer. Mais l’œuvre lui indique aussi que rien n’est éternel, en contrebas la Loire s’écoule comme le temps… Plus maritime que fluviale, compte tenu de la largeur de son lit, elle a été le témoin du passé portuaire de la ville. Quand les navires voguaient vers l’Espagne, le Portugal et l’Angleterre chargés de blé, de sel et de tonneaux de vin, ou revenaient des Antilles et d’Amérique les cales remplies de sucre, de café, de cacao, d’épices, de rhum, etc.

Située à un carrefour de voies naturelles entre Anjou, Vendée et Bretagne, à seulement quelques encablures de l’Océan, Nantes n’a jamais été autre chose qu’un point important de rencontres et d’échanges.

« Ça ne sert à rien, sinon à rêver »

Juste en face, sur l’Île de Nantes, une nouvelle ville ludique et joyeuse s’invente. Les anciennes friches industrielles ont été recyclées ou offrent de nouveaux espaces de détente en bord de Loire. Estacade, promenades sur berge, pontons, jardins thématiques et anciennes cales de lancement de bateaux ont été aménagés. Et le parc des anciens chantiers navals, dit Parc des Chantiers, s’apparente à un terrain de jeu artistique.  Le Grand Éléphant de bois et de métal s’y promène. Il mesure 12 mètre de haut, pèse 40 tonnes et transporte une quarantaine de personnes sur son dos.

« Ça ne sert à rien, sinon à rêver. C’est inutile, donc un peu indispensable … » reconnaît François Delarozière, son concepteur. D’autres œuvres du Voyage Permanent s’y trouvent : le Carrousel des Mondes Marins (du même auteur), l’Arbre à basket de a/LTA, la station Jean Prouvé, Résolution des forces en présence de Vincent Mauger, et aussi On va marcher sur la lune de Détroit Architectes. Sur le quai des Antilles, impossible d’ignorer le Hangar à Bananes, un ancien entrepôt de 8000 m2, qui abrite désormais La HAB Galerie, une galerie d’art contemporain, une boite de nuit et une multitude de bars et restaurants. Les terrasses débordent d’étudiants, de familles de touristes, d’hipsters. Sur ce même quai, les dix huit anneaux de quatre mètres de diamètre sont ceux signés par Daniel Buren (et Patrick Bouchain). La nuit, ils s’illuminent de différentes couleurs et forment une sorte de longue vue tournée vers l’Atlantique. Magique !

Saint Nazaire Renversante
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